Au Chat Noir II
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Germain Nouveau, 1851-1920
Etudes au petit séminaire d'Aix-en-Provence, puis maître d'études au lycée de Marseille. A Paris, il rencontre Verlaine et Rimbaud, avec qui il se rend à Londres. en 1878, il entre comme employé au ministère de l'instruction publique. En 1884, il enseigne au Liban. Rapatrié en France, il fréquente les cabarets de Montmartre. Enseigne épisodiquement comme professeur de dessin. Crise de folie mystique (ou d'alcoolisme ?) en 1891 : séjour à l'asile Bicêtre. A partir de 1899, existence misérable et vagabonde sous le pseudonyme d'Humilis : Italie, Espagne, Algérie. Puis vit de la charité publique dans son village de Pourrière (on dit que Cézanne lui donnaît l'aumône chaque dimanche à l'église Saint-Sauveur), où il meurt. Son oeuvre ignorée, ne sera pour l'essentiel recueillie qu'à son insu. Elle est désormais intégralement éditée dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Germain Nouveau, 1851-1920
Etudes au petit séminaire d'Aix-en-Provence, puis maître d'études au lycée de Marseille. A Paris, il rencontre Verlaine et Rimbaud, avec qui il se rend à Londres. en 1878, il entre comme employé au ministère de l'instruction publique. En 1884, il enseigne au Liban. Rapatrié en France, il fréquente les cabarets de Montmartre. Enseigne épisodiquement comme professeur de dessin. Crise de folie mystique (ou d'alcoolisme ?) en 1891 : séjour à l'asile Bicêtre. A partir de 1899, existence misérable et vagabonde sous le pseudonyme d'Humilis : Italie, Espagne, Algérie. Puis vit de la charité publique dans son village de Pourrière (on dit que Cézanne lui donnaît l'aumône chaque dimanche à l'église Saint-Sauveur), où il meurt. Son oeuvre ignorée, ne sera pour l'essentiel recueillie qu'à son insu. Elle est désormais intégralement éditée dans la Bibliothèque de la Pléiade.
À Camille de Sainte-Croix.
MUSULMANES
Vous cachez vos cheveux, la toison impudique,
Vous cachez vos sourcils, ces moustaches des yeux,
Et vous cachez vos yeux, ces globes soucieux,
Miroirs plein d’ombre où reste une image sadique ;
L'oreille ourlée ainsi qu'un gouffre, la mimique
Des lèvres, leur blessure écarlate, les creux
De la joue, et la langue au bout rose et joyeux,
Vous les cachez, et vous cachez le nez unique !
Votre voile vous garde ainsi qu'une maison
Et la maison vous garde ainsi qu’une prison ;
Je vous comprends : l’Amour aime une immense scène.
Frère, n’est-ce pas là la femme que tu veux :
Complètement pudique, absolument obscène,
Des racines des pieds aux pointes des cheveux ?
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