2000 : La nuit et le jour

Seul(e)
le souffle de l'amour me fait hurler aux étoiles
mais au creux de ton épaule
ma voix se voile et balbutie

mais mes mains caressent, mes yeux trahissent
ma bouche s'approprie,
mon corps dit le rythme que mon coeur épelle

tu l'as deviné l'autre jour
je ne le savais pas encore
mais depuis je sais et

je rêve debout d'un moment où nous oublierions la pudeur des mots où la raison n'aurait pas de lit

un coeur à coeur sans escale
un corps à corps sans brume

je ressens et te dis que je t'aime
mais de cet amour véritable qui ne pleure pas sur les rêves, qui respecte le temps et l'espace,
ton bonheur et le mien

ressens et dis le désir
dis l'amour si tu le ressens
ici seulement

nos mains parleront là-bas

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Goûter la saveur de ta peau dans l'ombre des parking
mohair sur ton manteau
Enlacer cet arbre avec tes mains sur mes hanches
souvenir piquant qui te réveille la nuit.
Lit de sable au pied d'une falaise
goût salé-étrange dans ta bouche.
Rives et
Dérives et
Désirs
Pressants
Publics
Camping
Tante
Tente ?
Banc
Humus
Gare
Voiture
Train ?
Bateau
Eau
Champs
Blé
Ciel
Avion
Ascenseur
Bois
Parquet
Table
Dérives
Désirs

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Il y a des petits bouts de plage dans une vie qui font tenir le bassin haut, qui tire en avant et bascule vers l'arrière. Des petits bouts de plage qu'il ne faut pas rater sous peine de se retrouver le derrière dans l'eau. Un peu de sable noir sous des corps à laisser glisser au moment présent. Epousseter les restes parce que c'est passé, déjà. Reprendre la route qui ramène au port, loin de cette petite plage, pour l'essentiel, de rêve, pour l'absolu.

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Si
probablement
nous aurions fait l'amour dans un lit
partagés de plus longs moments
une table
une musique
le silence
un bain
et plus
ou moins
peut-être
un bout de route
libres et réunis

probablement
tu aurais vu mes doigts sans artifice
te peindre toi
mes yeux qui dorment
les plus
les moins

mais j'ai vu ta bouche qui baille
grâce à un enfant
pas le nôtre
pas envie
ton regard qui fuit
gêné par le mien
nos doigts entrecroisés
tes jambes entre les miennes
la courbure de ton désir
j'ai entendu tes gémissements
senti ton souffle
et vu ta bouche se refermer

tu pars
c'est peu

si
probablement
on aurait eu du temps pour s'apprendre
s'apprivoiser
s'aimer et sûrement avoir le temps de se
détacher
plus ou moins

si
probablement
j'oserais te dire que je t'aime
ni plus
ni moins

probablement
c'est mieux comme ça.

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J'aimerais être là où il se trouve
Le voir plonger dans mon regard et s'y brûler le ventre, sur le vif saisir sa main subtile pour qu'il me sculpte au gré de ses désirs et sur ses hanches m'asseoir, enlacer sa peau de liberté puis avec mes doigts le retenir un peu, glisser ma bouche autour de lui. Qu'il me dise que je suis belle, que mon ventre est son abri et que nos coeurs s'affolent d'attendre. Alors nous laisserions mouvoir nos corps, au rythme de nos envies.
Il me manque.

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Cent titre...
Cent fois je meurs et revis en un jour
Je suis une vagabonde perdue dans l'infini
Je ne sais pas toujours, j'ignore le comment
Je m'ennuie des poêmes que sculpte mon amant
Dans la vallée profonde qui ouvre grand ses bras
Je cherche les réponse des quand et des pourquoi

Je veux toucher son coeur, atteindre son rivage

Parfois les silences s'enroulent autour de moi
De glace ils éteignent ma voix
Je n'écris pas assez ou j'écris beaucoup trop
Volonté d'être autre dans l'inconnu délicieux
D'une vie non vécue par sa méconnaissance

Avoir envie de tous les plaisirs
Désirs pour chaque regard effleuré
Passer ma main dans des rêves de corps
Et croire que l'oubli
Peut rendre la nuit douce et calme

Tu es une ombre de soie
Sur la toile de mes idées

Si je cherchais à le faire chavirer
Des mots, des idées, des images pour l'amener
Sur le doux son crissant que mes draps chantent
Plutôt que de me fatiguer encore
Je lui dis : viens !
J'ai pas le temps d'emballer

Purifier l'air
Nos corps
Nos mots
Nos vies
Nos mains, nos étreintes
ma nuit
Mon temps
Mon amour
Mon amour
Le temps de vivre
Un temps volé à l'éternité.

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Elle le prends entre ses doigts, lui, dans sa paume. Elle l'interroge du regard avant de le saisir dans sa bouche. Elle aime son goût, son odeur, son velours, sa douceur. Elle va s'y perdre. D'un doigt il la caresse, des yeux il l'embrasse, d'une main la retourne.
Silencieusement.
Ses bras à elle le long de la porte, ses ongles dans le bois tendre. Les deux cambrés.
Oser sans penser au retour, l'absolu dans l'instant.

Au retour il faudra chasser l'amour, l'exclure, le bannir, le mettre sur le banc de touche, il ne devra jamais entrer en jeu.
Libérés  d'eux-mêmes ils arriveront à faire semblant, ils redeviendront amis, amis pour la vie.
Et la vie un mystère !

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La tête entre ses mains Magdalena me regarde et quand je la regarde à mon tour, je pense toujours qu'elle a vraiment des yeux de chat
mais derrière nos prunelles, nos pensées scintillent à l'opposés l'une de l'autre
si une pense aux paroles de sa propre chanson:"...je ne veux plus de ce jeu là, de toutes ces larmes que tu ne vois pas, de ce combat entre toi et toi..."
l'autre repense à ce poême de Claude Maillard:"non, pas toi à plein temps, je n'en ai ni la force ni la sincérité, sous des ogives, pour la première et dernière fois, nous nous sommes rêvés en plein ciel ou devant la mer, je ne veux pas recommencer, c'est si grave l'amour tel que tu le pratiques."
paroles discordantes
musique assourdissante dans ce pub
on sort?
une dit: pourquoi j'aime un homme qui te ressemble, pourquoi es-tu mon amie?
vous êtes des temporaires de l'amour et moi je veux du fixe.
l'autre réponds: et moi, si j'étais un homme, c'est toi que je voudrais.

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